On l’a lu pour vous: la grossophobie, ce « préjugé acceptable »

Chaque mois, des rapports essentiels liés à l’EDI sortent et finissent trop souvent sur une tablette. Trop longs ou trop techniques, mais pourtant pleins d’informations cruciales! Chaque mois, URelles se plonge dans ces documents complexes pour en extraire l’essentiel, et vous livrer une version digeste et sans jargon. Ce mois-ci, on vous résume l’un des seuls mémoires de maîtrise sur le sujet au Québec!

Un vide juridique
Le poids n’est pas un motif protégé par la Charte des droits et libertés de la personne et aucune loi provinciale ou fédérale ne protège explicitement contre la discrimination fondée sur le poids.
Les personnes grosses doivent actuellement invoquer le motif du handicap pour déposer une plainte, ce qui contribue à renforcer la stigmatisation.
Les projets de loi déposés au fil des années ont souvent été rejetés par crainte que cela « encourage » l’obésité, que la notion soit trop floue ou que les recours soient trop coûteux.
Une discrimination bien réelle
Au Québec, 25% des personnes (tous poids confondus) disent avoir déjà subi de la discrimination liée au poids.
Ce chiffre grimpe à 44% chez les personnes
ayant un IMC supérieur à 30.
Au Canada, la discrimination fondée sur le
poids est plus fréquente que celle fondée
sur la religion, le revenu, le handicap ou
l’orientation sexuelle.
La grossophobie médicale
Au Canada, 1 adulte sur 15 subit de la discrimination dans le milieu médical.
Parmi les personnes ayant vécu de la stigmatisation liée au poids, près de 65% disent en avoir subi de la part d’un médecin.
Au Québec, les personnes avec un IMC supérieur à 30 sont trois fois plus nombreuses à rapporter avoir vécu de la grossophobie médicale.
La grossophobie au travail
54% des personnes grosses disent avoir vécu de la grossophobie au travail.
Les femmes sont les premières victimes et elles le sont souvent à partir d’un poids jugé « élevé » bien avant celui des hommes.
La « pénalité salariale » pour les femmes grosses se situe entre 6% et 15%, et peut atteindre 24% pour les plus corpulentes.
Les stéréotypes persistent: moins compétentes, moins fiables, moins productives… alors qu’aucune donnée scientifique ne soutient ces croyances.
Une industrie qui profite de la grossophobie
L’industrie des diètes prospère sur la peur du corps gros.
- En 2023, elle représentait 359 millions de dollars au Canada et 3,4 milliards aux États-Unis.
- Cette économie de la honte entretient le mythe qu’il suffit de volonté pour « changer de corps », alors que la science montre que la perte de poids durable est rare et complexe.

Envie d’aller plus loin?
Chez URelles, on accompagne les organisations à mieux comprendre, intégrer et soutenir la diversité, incluant la diversité corporelle.
Formation sur la diversité corporelle et la grossophobie, accompagnement stratégique, diagnostic de vos pratiques: on est là! On a même créer un jeu de cartes qui vous permet de parler de la diversité corporelle avec vos équipes.
Écrivez-nous: info@urelles.com
