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| Résumé de l’article: – La discrimination est un traitement injuste encadré par la loi, basé sur des motifs protégés (Charte des droits et libertés), et elle entraîne des impacts concrets et négatifs sur les personnes concernées. – Le privilège est souvent invisible pour celles et ceux qui en bénéficient, mais il influence l’accès aux opportunités sans effort supplémentaire, selon les contextes de vie. – Les initiatives EDI ne retirent rien à personne: elles visent à rééquilibrer les chances de réussite et à corriger des inégalités systémiques, et non à créer de la discrimination inversée. |
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Dans nos discussions, avec nos clients, une question revient souvent: « Est-ce que l’EDI, c’est de la discrimination? » Pour certaines personnes, la mise en place d’initiatives EDI est injuste, donnant l’impression que certains groupes bénéficient de faveurs, au détriment d’autres. Pour tenter de répondre à cette question, nous devons nous pencher sur ce qu’est la discrimination, ce qu’est un privilège, et surtout, comment ces concepts se distinguent. Et si ce que certaines personnes ressentent comme une discrimination serait, en fait, la perte de privilège?
Discrimination : Une réalité qui existe encore
Discrimination : Une réalité qui existe encore
Tout d’abord, qu’est-ce que la discrimination? La discrimination est un terme encadré par la loi. Elle se produit lorsqu’une personne ou un groupe est traité de manière injuste ou inégale en raison de caractéristiques personnelles, généralement en lien avec un ou plusieurs des 14 motifs de la Charte des droits et libertés de la personne, comme l’origine ethnoculturelle, l’identité de genre, la religion, l’orientation sexuelle, etc.
Dans le milieu de travail, cela se traduit souvent par:
- des opportunités de carrière limitées
- des inégalités salariales
- ou encore, des commentaires ou des comportements inappropriés.
Par exemple: Lors de processus de recrutement, dans certaines industries, les femmes sont moins souvent sélectionnées pour des postes techniques, malgré des compétences égales à leurs homologues masculins. Ces types d’exclusions sont des formes claires de discrimination, car puisque les compétences sont égales, le choix est influencé par une caractéristique identitaire, soit un motif de discrimination.
Les impacts sur les personnes victimes de discrimination
Un autre aspect important du concept de discrimination, c’est qu’elle cause des impacts négatifs importants chez les gens qui en sont victimes. En effet, la discrimination est associée à une incidence accrue des troubles de santé mentales, de la violence, de la pauvreté et des inégalités dans la qualité des traitements et l’accès aux soins de santé, qui ont tous leur propre impact sur la santé. Les personnes régulièrement confrontées à de la discrimination peuvent également ressentir de la confusion, de la colère, de l’anxiété, de l’impuissance, du désespoir, de la frustration, de la paranoïa et de la peur, ce qui les pousse à adopter des mécanismes d’adaptation négatifs, tels que le déni et le repli sur soi.
Le privilège : Un concept invisible pour ceux et celles qui le détiennent
Avant d’aller plus loin, il est important de mentionner qu’avoir un privilège ne signifie pas qu’on n’a pas travaillé dur pour réussir dans la vie, ou qu’on est né avec une cuillère d’argent dans la bouche sans avoir produit aucun effort. Ça signifie plutôt que certains contextes de vie peuvent parfois faciliter ou accélérer notre cheminement. On peut voir ça, un peu comme des coups de pouce ou des moyens facilitants qui s’offrent à nous. La difficulté réside dans le fait qu’on ne se rend pas toujours compte qu’on bénéficie d’un coup de pouce et surtout que d’autres personnes n’en bénéficient pas.
Par exemple, si on fait des études pour devenir pâtissier et que, dans notre famille, il y a plusieurs personnes qui sont déjà pâtissières, on aura probablement plus de chances de décrocher un premier stage ou un premier emploi, d’être conseillé·e sur les formations à suivre, sur les personnes à rencontrer, etc. qu’un individu qui vient d’une famille où il n’y a aucun pâtissier.
Avoir des privilèges signifie avoir des avantages ou des opportunités en raison de certaines caractéristiques, en fournissant pas, ou peu, d’efforts supplémentaires.
Attention! Il est important de comprendre que chacun·e de nous, selon le contexte et l’environnement dans lequel on évolue, bénéficie de certains privilèges. C’est inévitable. Par exemple, une femme blanche pourrait avoir moins de privilèges dans un milieu traditionnellement masculin, mais en aurait tout de même plus qu’une femme racisée ou autochtone dans le même environnement.
Perte de privilège ou discrimination?
Lorsque des initiatives sont mises en place pour permettre de contrer des inégalités historiques, certaines personnes peuvent penser que leurs propres opportunités vont se réduire, voire même être réduite à néant. C’est ici que l’on confond souvent la perte de privilège avec la discrimination.
Prenons l’exemple d’une PME où il n’y a pas de présence féminine ni dans la direction, ni chez les gestionnaires. C’est un enjeu à adresser. L’entreprise décide alors de mettre en place un programme de mentorat spécifiquement pour les femmes pour propulser leur carrière en leadership. Certains hommes pourraient ressentir cela comme une «discrimination». Pourtant, ce n’en est pas; il s’agit plutôt d’une tentative de rééquilibrer un désavantage documenté.
Un autre exemple, bien accepté aujourd’hui, est celui des étudiant·es ayant des troubles d’apprentissage qui ont droit à plus de temps pour passer leurs examens. Ces étudiant·es bénéficient d’une adaptation qui leur permet de compenser une difficulté spécifique. En revanche, un·e étudiant·e qui n’a pas ces troubles dispose du privilège de ne pas avoir besoin de ces aménagements pour atteindre le même objectif. Ce n’est pas injuste qu’une personne neurodivergente puisse obtenir plus de temps, alors qu’il n’y a pas d’obstacle pour les autres personnes à la base.
En résumé: on ne m’enlève pas quelque chose pour le donner à l’autre. On donne à l’autre personne davantage d’outils pour qu’elle puisse arriver au même résultat que les personnes ne rencontrant pas d’obstacles.
EDI : Une question d’équité, pas de favoritisme
L’objectif des initiatives EDI n’est pas de donner plus à certaines personnes aux dépens des autres, mais bien de corriger des déséquilibres historiques. Il ne s’agit pas de créer des inégalités inversées, mais d’offrir à chacun·e les mêmes chances de réussite.
Ce que certain·es ressentent comme une perte de privilège est en réalité un rééquilibrage du terrain de jeu, où chaque personne a la possibilité de s’épanouir pleinement dans son milieu de travail. L’EDI est une opportunité d’amélioration pour tout le monde.
Foire aux questions
Non. La discrimination implique un traitement injuste basé sur des caractéristiques protégées par la loi. Les initiatives EDI, elles, visent à corriger des inégalités déjà documentées et à offrir des conditions plus équitables, sans retirer de droits ou d’opportunités à d’autres personnes.
Parce que certaines mesures EDI viennent rééquilibrer des désavantages historiques. Ce qui est parfois perçu comme une injustice est en réalité une diminution d’avantages implicites dont certaines personnes bénéficiaient sans s’en rendre compte.
Les adaptations, comme le temps supplémentaire pour les personnes ayant des troubles d’apprentissage, permettent de compenser un obstacle spécifique afin d’atteindre un résultat équivalent. Il ne s’agit pas de favoritisme, mais d’équité, car ces mesures visent à offrir les mêmes chances de réussite à toutes et tous.

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