Est-ce que ça se dit « femelle »? 

Par URelles
février 18, 2026
femelle
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Faut-il dire « fille », « femme » ou « femelle »? Le choix des mots peut vous sembler simple… mais est-ce vraiment le cas ? Dans quel contexte chaque terme est-il approprié? Parce que bien qu’ils puissent se ressembler, ces termes ne sont pourtant pas interchangeables. Plongeons dans ce trio de mots pour comprendre ce qu’ils signifient réellement et pourquoi il est important de les utiliser correctement.

Petit rappel important: l’apparence n’est pas garant du genre
Les vêtements, la voix, la coiffure ou les traits physiques ne permettent pas de savoir si une personne est une femme, une fille, un homme, une personne non binaire ou autre.Si le sujet vous interpelle, on en parle plus en détail dans notre tout premier « Est-ce que ça se dit… » consacré à cette question!

Est-ce que ça se dit « Femelle » ?

Le mot « femelle » désigne la personne ou l’animal de sexe féminin, donc d’un point de vue purement biologique. On dira par exemple « la femelle du chat » ou « une femelle chimpanzé ».

En français, il est plutôt évident qu’on n’emploie presque jamais « femelle » pour parler d’un humain. Mais attention: avec l’influence de l’anglais et des médias sociaux, le mot « female » apparaît parfois dans notre vocabulaire francophone, surtout dans des traductions ou des expressions importées des contenus anglophones.

En anglais, dire female pour parler d’une personne adulte est courant, même si ça peut rester délicat et impersonnel selon le contexte. Lorsqu’on transpose ce mot en français comme nom, « une femelle », on entre dans un registre qui peut paraître déshumanisant, car il rapproche inconsciemment la personne d’un animal. Même importé de l’anglais, il vaut donc mieux l’éviter pour parler de femmes ou de filles.

Est-ce que ça se dit « Fille » ?

Le mot « fille » désigne une personne d’identité de genre ou de sexe féminin qui n’a pas encore atteint l’âge adulte. Au Québec, l’âge adulte légal est fixé à 18 ans. Ainsi, de la naissance jusqu’à 17 ans et 364 jours, on utilisera le terme «fille».

On utilise « fille » pour parler de l’âge ou du stade de développement, mais aussi parfois pour parler de manière affectueuse. Par exemple, pour parler de ses enfants ou de relations affectives, on peut dire « ma fille » ou « une jeune fille ». La différence ici est que nous ne sommes pas dans un contexte de travail, mais un contexte personnel.

Lorsqu’on parle d’un contexte de travail, il est important de ne pas employer « fille » pour désigner une adulte, car cela infantilise la personne et peut diminuer son autorité, sa crédibilité ou son rôle dans un contexte social ou professionnel. Par exemple, appeler une collègue adulte « la fille du marketing » ou « ma petite fille » au bureau peut donner l’impression qu’on ne la prend pas au sérieux ou qu’on la considère comme moins expérimentée qu’elle ne l’est réellement.

Est-ce que ça se dit « Femme » ?

Le mot « femme » s’emploie pour désigner une personne d’identité de genre ou de sexe féminin adulte, c’est-à-dire de 18 ans et plus. Contrairement à « fille », « femme » indique la maturité, le statut d’adulte et, souvent, l’indépendance sociale ou professionnelle.

Utiliser « femme » correctement permet de reconnaître l’autonomie et la dignité de la personne à qui l’on parle ou dont on parle, particulièrement dans un contexte de travail.

Pourquoi ça a de l’importance?

À première vue, confondre « fille » et « femme » peut sembler anodin (femelle, un peu moins!). Après tout, l’intention n’est pas toujours mauvaise, mais les mots ne sont jamais neutres. Ils transportent des idées, des rapports de pouvoir et des normes sociales bien ancrées. Et dans certains contextes, utiliser le mauvais terme peut avoir des conséquences très concrètes.

En qualifiant une fille de « jeune femme » ou de « femme », on efface son statut d’enfant et les protections qui y sont associées. Cela peut banaliser des situations profondément problématiques, comme des relations de pouvoir, des violences sexuelles ou des mariages précoces. On n’a qu’à penser aux enfants stars et la manière dont on les décrit dans les médias. Nommer correctement les choses, c’est aussi reconnaître qu’une fille est une enfant, point. Et qu’elle mérite d’être protégée comme telle.

À l’inverse, appeler des femmes adultes des « filles », surtout en contexte professionnel, peut sembler familier ou sympathique… mais ça ne l’est pas toujours. Dire « les filles des RH » ou « la fille de la comptabilité » infantilise les femmes et minimise leur expertise, leur autorité et leur rôle.

Dans un milieu de travail, ce type de langage peut renforcer l’idée que les femmes sont moins sérieuses, moins compétentes ou moins légitimes que leurs collègues masculins. On parle rarement des « gars de la direction » de la même façon, et ce n’est pas un hasard.

Finalement, dire « une femelle » pour parler d’une personne, c’est la présenter comme un corps avant d’être une humaine. Ce type de langage est souvent utilisé dans des discours misogynes, pseudo-scientifiques ou volontairement déshumanisants. Même lorsqu’il est employé sans mauvaise intention, il reste lourd de sens et peut être blessant.

Finalement, ce qu’il faut retenir

Faire la distinction entre « fille », « femme » et « femelle », ce n’est donc pas jouer à la police du langage. C’est reconnaître que les mots ont un poids, qu’ils peuvent protéger ou banaliser, valoriser ou diminuer. En choisissant les bons termes, on contribue à des conversations plus justes, plus respectueuses et plus conscientes des réalités vécues par les femmes et les filles, surtout dans un contexte comme celui de la Journée internationale des droits des femmes (8 mars).

Et avant que vous nous écriviez pour dire « oui, mais les hommes alors? », pas d’inquiétude! Une version de cet article dédiée aux termes utilisés pour parler des hommes est aussi prévue. Parce que les mots comptent pour tout le monde, et qu’on gagne toujours à mieux comprendre ce qu’on dit et pourquoi on le dit.

À suivre très bientôt!


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