On l’a lu pour vous: le handicap et les obstacles toujours présents en 2025

septembre 29, 2025

Chaque mois, des rapports essentiels liés à l’EDI sortent et finissent trop souvent sur une tablette. Trop longs ou trop techniques, mais pourtant pleins d’informations cruciales! Chaque mois, URelles se plonge dans ces documents complexes pour en extraire l’essentiel, et vous livrer une version digeste et sans jargon. Ce mois-ci, on vous résume le dernier rapport, extrêmement pertient, de la CDPDJ concernant le handicap et l’emploi.

Résumé de l’article:
– Aucun objectif gouvernemental d’embauche n’a été atteint, et les milieux de travail demeurent loin d’être représentatifs du nombre de personnes vivant avec une incapacité en âge de travailler.
– Les personnes en situation de handicap font face à des barrières majeures à toutes les étapes de leur parcours professionnel.
– Les données de la CDPDJ montrent que le handicap est le motif de discrimination le plus fréquent au travail, touchant davantage les femmes et les personnes vivant avec un trouble de santé mentale.

Des cibles jamais atteintes

Au Québec, 21% des personnes en âge de travailler vivent avec une incapacité.

Pour que les milieux de travail québécois soient représentatifs, il faudrait qu’au moins 10,5% des employé·es soient en situation de handicap. Dans les 40 dernières années, cette cible n’a jamais été atteinte.

Un objectif gouvernemental de 2% a été fixé en 1984 et n’a jamais été atteint;

Les organismes publics stagnent à 1% depuis 2005;

Seulement 10% des entreprises privées et 7% des organismes communautaires embauchent des personnes en situation de handicap (PSH).

Portrait statistique

Le taux d’incapacité observé dans la population augmente avec l’âge.

Les femmes sont plus susceptibles de présenter une incapacité que les hommes.

Le Québec compte actuellement plus d’un million de personnes en situation de handicap qui possèdent au moins un certificat ou un diplôme d’un établissement d’enseignement, chiffre croissant.

Types de handicap

Plus du tiers des PSH présentent une incapacité sévère ou très sévère.

Les incapacités liées à la douleur, à la flexibilité et à la mobilité sont les plus fréquemment évoquées.

Les incapacités liées à la santé mentale représentent désormais près du tiers de toutes les personnes ayant déclaré une incapacité au Québec et touchent davantage les femmes et les plus jeunes.

Les principaux obstacles

93% des parcours professionnels des PSH sont marqués par la précarité. À l’embauche, les employeurs mettent davantage d’énergie à identifier les possibles « conséquences » du handicap sur la productivité plutôt que sur les compétences.

Beaucoup choisissent encore de cacher leur handicap, lorsque possible, ou de minimiser leurs besoins d’accommodement.

Les examens et questionnaires médicaux intrusifs et sans lien rationnel avec l’emploi sont fréquents, en particulier dans le secteur public. Plus du tiers des répondant·es l’ont vécu.

La formation en ressources humaines valorise encore l’« ultra-performance », ce qui renforce les préjugés capacitistes. Le manque de flexibilité des horaires et des conditions de travail crée aussi de fortes barrières (ex. faible disponibilité du transport adapté, suivis médicaux, nécessité d’avoir un horaire allégé pour éviter la surcharge cognitive ou la fatigue, etc.).

Les perspectives de promotion sont quasi inexistantes. Les PSH ne se voient pratiquement jamais offrir un plan de carrière par leur employeur.

Les plaintes à la CDPDJ

Le handicap est le motif de discrimination le plus fréquent, représentant 30% des plaintes.

  • Entre 2017 et 2024, 698 dossiers ont été ouverts dans le secteur du travail, principalement dans les services, le commerce et l’industrie.
  • La majorité (60%) concernait des congédiements. Les pratiques d’embauche des employeurs ont été à la source de près du quart des plaintes déposées (cueillette de renseignements médicaux n’ayant aucun lien avec l’emploi et refus d’accommodement).
  • Les femmes représentent 54% des victimes identifiées et les personnes avec un trouble de santé mentale sont particulièrement visées.
  • Ce sont surtout les PME qui ont été visés par des plaintes de discrimination fondée sur le handicap dans le secteur du travail (94%).

Foire aux questions

Parce que les pratiques d’embauche restent centrées sur la performance perçue et les biais capacitistes, plutôt que sur les compétences et l’accessibilité réelle des milieux de travail.

Ils incluent le manque d’accommodements, les horaires rigides, les examens médicaux intrusifs, la précarité d’emploi et l’absence de parcours de carrière clairement définis.

Parce que les personnes en situation de handicap sont encore trop souvent exclues ou désavantagées à l’embauche, dans les promotions et dans les pratiques organisationnelles, ce qui génère un volume élevé de plaintes.


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