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| Résumé de l’article: – Un « gars » est un enfant mineur, un « homme » est un adulte. Appeler un homme un « gars » atténue souvent sa responsabilité dans une situation (une joke de gars). – Des termes comme « mâle » nourrissent l’idée et les stéréotypes qu’un homme doit être fort et dominant pour être respecté. – Dans un contexte professionnel ou inclusif, privilégier des termes plus précis (ex. collègue, adolescent, personne) permet d’éviter des biais et de favoriser un langage respectueux. |
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Quand on veut parler des hommes, plusieurs options s’offrent à nous: gars, homme, bro, dude, etc. Le vocabulaire pour les désigner est varié, surtout si on est prêt à utiliser un langage familier. Mais tous ces mots ne véhiculent pas les mêmes messages implicites. Certains font appel à la responsabilité, la maturité, la force, le respect et même le pouvoir, tandis que d’autres sont plus neutres! Le choix du mot que l’on va faire contribue à influencer la place des hommes dans notre société et la valeur qu’on lui donne. Explications.
| Petit rappel important: l’apparence n’est pas garant du genre Les vêtements, la voix, la coiffure ou les traits physiques ne permettent pas de savoir si une personne est une femme, une fille, un gars, un homme, une personne non binaire ou autre. Si le sujet vous interpelle, on en parle plus en détail dans notre tout premier « Est-ce que ça se dit… » consacré à cette question! |
Gars et homme
On voyait dans un précédent article, que pour désigner le genre féminin, on utilise les termes « femme » et «fille» qu’on associe, respectivement, à la maturité et à la jeunesse. Théoriquement, on pourrait donc appliquer la même logique à « gars» et « homme ». Selon cette distinction simple: un gars est quelqu’un de moins de 18 ans et un homme est un adulte. Mais dans la pratique, l’usage n’est pas toujours aussi clair.
D’un côté, appeler un gars mineur un « homme » peut lui attribuer des qualités de maturité ou de responsabilité qu’il n’a pas encore. C’est ce que l’on observe dans certains cas, comme dans les médias ou rapports policiers, où ce langage contribue à ce qu’on appelle l’adultification des gars, notamment ceux issus de communautés racisées, qui sont perçus comme plus menaçants ou responsables qu’ils ne le sont en réalité. Le choix du mot influe donc directement sur la perception de leur comportement et donc sur la légitimité de leur acte.
De l’autre côté, appeler un homme adulte un « gars » est très courant dans plusieurs contextes. Par exemple, en anglais « boys will be boys ». Cette formulation, qui désigne bien souvent des adultes et donc pour qui on devrait utiliser «homme/man», a pour effet d’atténuer leur responsabilité. On minimise leurs erreurs, on excuse des comportements inappropriés ou immatures, en contribuant à la culture du privilège masculin. Par exemple, lorsqu’un groupe d’hommes au travail font des blagues inappropriées et qu’on met ça sur le dos de « jokes de gars », le langage infantilise l’action et détourne l’attention de la gravité de celle-ci. Le parallèle féminin est intéressant : pour les femmes, on appelle souvent des adultes des « filles » non pas pour excuser leurs erreurs, mais pour réduire leur autorité et leur crédibilité. Chez les hommes, on les réduit pour justifier ou excuser leurs erreurs, pas pour diminuer leur pouvoir.
Manly, mâle, man up
Au‑delà des mots « gars » et « homme », le vocabulaire courant pour s’adresser aux hommes adultes contient ses propres pièges et messages implicites. Les termes comme manly, mâle, man up, « faire un homme de toi » ne sont jamais neutres.
Quand on dit à quelqu’un de « man up », qu’il est « manly » ou « mâle alpha », on assume que la force, le courage et l’autorité doivent venir du genre masculin. Cela implique que ceux qui ne respectent pas ces codes sont défaillants, moins légitimes… voire, des non-hommes en fait! Dans le monde professionnel, ce genre d’expressions peut influencer la perception des collègues : un homme qui se montre empathique ou collaboratif peut être jugé comme moins compétent, tandis qu’un homme agressif ou autoritaire est valorisé. Ces messages sont subtils mais puissants, car ils nourrissent l’idée qu’un homme doit être fort et dominant pour être respecté et que déroger à ce modèle masculin est un défaut.
Les conséquences concrètes ? Elles se manifestent auprès des hommes et des femmes également, dans le monde du travail, le sport et la vie sociale. Les hommes qui ne se conforment pas à ces attentes de force ou de domination peuvent être perçus comme faibles, tandis que ceux qui les respectent sont excusés pour des comportements problématiques.
En ce qui concerne les femmes, lorsque celles-ci occupent un poste hiérarchiquement élevé, qu’elles refusent les attentes des hommes ou simplement qu’elles agissent et s’expriment comme leurs égales, des conséquences peuvent apparaître: on discrédite leur propos, on les dit « agressives », ou pire encore, elles se retrouvent victimes de violences physiques et sexuelles.
Comment faire attention et agir
La première étape est la conscience: identifier quand des mots sont employés pour excuser, minimiser ou gonfler la responsabilité. Ensuite :
- Évaluer l’âge et le statut : un gars est un enfant, un homme est un adulte.
- Observer le contexte et la charge implicite : « être mâle » ou « man up » ne sont pas neutres et peuvent renforcer des stéréotypes masculins.
- Comparer avec le vocabulaire féminin : comprendre comment les mots pour les femmes et les hommes fonctionnent différemment aide à décoder les distorsions de genre.
- Privilégier la précision plutôt que le genre lorsque c’est possible : utiliser des termes comme « adolescent », « collègue », « employé » ou « personne » lorsque l’âge, le rôle ou la fonction sont plus pertinents que le genre.
En résumé, comme pour le langage autour des femmes, le choix des mots pour parler des hommes a un impact réel. Chaque mot que nous utilisons peut soit renforcer des stéréotypes et des privilèges, soit contribuer à une communication plus juste et respectueuse.
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